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Son Histoire et Patrimoine

Document écrit par Célestin Port de 1874 à 1878 :

LA CHAPELLE-DU-GENÊT, arrondissement de Cholet (22 kilomètres), canton de Beaupréau (3 kilomètres).

Sur un plateau (à 111 mètres de hauteur), bordé par trois ruisseaux, entre Beaupréau au Nord, Andrezé (8 kilomètres) à l’Est, St Philbert (4 kilomètres) au Sud, Villedieu (7 kilomètres) et le Fief-Sauvin (6 kilomètres) à l’Ouest, à 53 kilomètres d’Angers.

La route départementale de Nantes entrant vers Nord, s’incline par une double courbe jusqu’au bourg, où elle s’arrêtait en 1789, la traverse en reliant le chemin de Torfou et remonte directement vers l’Evre, rejointe par les routes départementales, à l’Ouest, de Clisson, à l’Est, de Cholet, qui bordent le territoire sans y pénétrer.

Au Nord, l’Evre forme limite dans la longueur (4 800 mètres), animant trois moulins ; y passent la petite rivière de la Vrenne, limite vers l’Ouest, les ruisseaux du Noyer et d’Arrondeau, limite vers l’Est ; y naît le ruisseau du Pré-Neuf.

Superficie : 909 hectares 71 ares, dont 3 hectares 10 ares en vignes, culture importante pourtant jusqu’au XVIIe siècle, 7 ares seulement en taillis, 173 hectares en prés, le reste en labours.

En dépendent les hameaux de la Bretèche (3 maisons, 33 habitants, à 2 050 mètres du bourg), la Gagnerie (4 maisons, 34 habitants, à 2 200 mètres), la Vignardière (4 maisons, 18 habitants, à 500 mètres), la Riffaudière (3 maisons, 30 habitants, à 1 900 mètres), la Foulonnière (3 maisons, 20 habitants, à 2 500 mètres), la Baratonnière (3 maisons, 17 habitants, à 1 600 mètres), 34 fermes ou écarts. Ni châteaux, ni villages.

Population : 520 habitants en 1720. 135 feux en 1789. 813 habitants en 1792. 521 habitants en 1806. 843 habitants en 1821. 794 habitants en 1831. 903 habitants en 1841. 948 habitants en 1851. 984 habitants en 1861. 965 habitants en 1866.977 habitants en 1872, dont 624 habitants (143 maisons, 143 ménages) au bourg qui aligne le long de la route départementale et de trois rues transversales ses modestes édifices couverts en tuiles.

Bureau de poste et perception de Beaupréau. Ni foire, ni marchés, ni assemblée. Quatre moulins à eau et quatre moulins à vent desservent l’industrie de la meunerie. Le tissage occupe 333 ouvriers à la pièce et non plus maîtres fabricants, comme on les voyait jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Du XVe siècle jusqu’à la Révolution, tanneurs, mégissiers, pelletiers, blanconniers abondent, industrie ruinée, comme la précédente, par le voisinage de Beaupréau.

Mairie installée dans un pauvre réduit au premier étage de l’école de garçons. Ecole de filles, dirigée par les sœurs de la Providence de Saumur.

L’église, dédiée à Notre-Dame (succursale, 30 septembre 1807), est un édifice sans caractère, rebâti en 1834 par le curé Gourdon, sauf le clocher, dans lequel est percée la porte principale. Au-dessous, sur une pierre de granit, se lit l’inscription en relief : Christo pastori Auspice Maria 1740. A l’intérieur, ni tableau ni œuvre d’art. La chaire en chêne est des frères Blanchard, ouvriers du pays ; la balustrade en fer forgé, de Cognard, du May. Un curieux bassin à quêter, en étain cloisonné, porte gravé : Jacques Signevret, frabriquer à la Chapelle du Genêt 1667 pour les trépasé, et est poinçonné P. B.

Au Sud de l’église s’élève un if vénérable, datant de plus de 5 siècles. Il mesure 4 mètres, 23 de circonférence et tout découronné, reverdit portant à chaque printemps. Il s’élevait dans le petit Cimetière, transféré en 1863 au Nord du bourg. Le grand Cimetière, sur la route de Beaupréau, était supprimé dès 1809.

Un groupe de trois peulvans, non encore signalé et aujourd’hui détruit, s’élevait au Carrefour-Simon. M Lebeuf a recueilli une celta de pierre polie sur les bords de l’Evre.

La voie romaine de Poitiers à Nantes traversait le territoire de l’Est à l’Ouest, passait entre le Boulay et la Riffaudière, au Sud de Bouré, entre le bourg et la Vignardière, puis se dirigeait à l’Ouest de Haute-Folie, vers le Fief-Sauvin, sur un parcours pavé encore larges blocs que déterre la charrue.

Ce pays, ainsi de tout temps habité, possédait dès le Xe siècle, une chapelle, transformée au moins dans les premières années du XIe siècle en église paroissiale. La fondation en est attribuée au seigneur de Beaupréau qui lui gratifia les moines de St-Serge, établis vers le même temps à Beaupréau et à Andrezé. L’église fut construite, et le bourg, déjà existant, aussitôt agrandi dans une enceinte de fossés, avec un petit moutier ou prieuré pour les moines. Une partie des droits dans le bourg, dans le cimetière, dans l’église même, appartenaient aux seigneurs de Montjean, qui en firent abandon. Les seigneurs de Beaupréau concédèrent vers le XIVe siècle au curé droit de fuir et four banal et droit d’ouvrir ses vendanges un jour avant les autres habitants. Le prieuré fut de bonne heure abandonné par l’abbaye de St-Serge, qui conserva la présentation de la cure.

Curés : Pierre Melon, 1418. Jean Gohis, 1450. Pierre Bérault, 1467. Son testament est du 23 septembre 1503. Guyon Richoudeau, 1507, 1534. Mathurin de Loumeau, 1508, qui résigne en 1564. Jacques Gourdon, vicaire depuis 1539, installé dans la cure le 16 mars 1564, réfugié à Angers pendant les troubles de novembre 1568 à juillet 1569. Macé Hamon, 1572. Jean Florie, 1578. François Josset, official de Beaupréau, mai 1586. Jacques Courtais, 1591, mort de 18 décembre 1613, âgé de 48 ans, curé depuis 22 ans. Anselme Mesnard, 1614-1616, curé de St-Martin-de-Beaupréau le 7 juillet 1619. Sous son règne et sous le suivant, le pays est ravagé par les troupes de passage et les habitants sans cesse réduits à chercher refuge à Beaupréau, 1616-1621. Jacques Picherit, dès au moins 1619 chanoine de Beaupréau, résigne en 1633 au profit de son neveu. Dans l’année même la paroisse avait été éprouvée (avril-août) par une épidémie qui emporta 34 victimes, et qui se renouvela en octobre 1639, presque aussi redoutable. Jacques Picherit le jeune, 9 octbre 1633, 1659. Jean Picherit, 1659-1676. Pierre Camus, 1677, mort le 20 avril 1688. Jacques Dutour, 1688, résigne en 1734, meurt le 23 avril 1735 au Fief-Sauvin, âgé de 74 ans. Claude-Sébastien Mondain, 11 juin 1734. Dès 1738, il commence la reconstruction de son église et organise l’école des 1741 avec les revenus de bénéfices inutiles, aidé en 1742 par une donation du curé Daviau de Ste-Croix d’Angers. Il résigne le 22 décembre 1763, en restant à la Chapelle où il meurt vers 1772. Yves-Michel Marchais, vicaire dès 1757, est installé curé en décembre 1763. Il est dit en 1775 directeur de la Société des prêtres de Beaupréau. Il meurt vers 1797 dans une maison du bourg, où il vivait réfugié, et fut inhumé sans prêtre mais avec l’assistance de toute la paroisse, qui récitait à haute voix le chapelet.

La paroisse, chargée de pauvres, occupait 50 métiers de tisserands en 1788 ; on y élevait surtout des moutons tirés du Poitou. Elle dépendait du Diocèse d’Angers, de l’Archidiaconé d’outre-Loire, du Doyenneté des Mauges, du grenier à sel de St-Florent, avec brigade de gabelle à cheval établie dans le bourg depuis 1666, de l’Election d’Angers, du District en 1788 de Beaupréau, en 1790 de St-Florent.

C’est sur son territoire que se livre le 22 avril 1793 la bataille entre la grande armée vendéenne et l’armée de Gauvilliers, qui avait la veille occupé Beaupréau et qui en fut expulsée. Sur le plateau même de la Chapelle, les canonniers d’Eure-et-Loir meurent sur leurs pièces et les gardes nationaux de Luynes se font tuer avec leur chef. Les combattants passent et repassent durant toute la guerre à travers le pays incendié. 

Maires : Jean Mondain, 1792. Pierre Gautier, agent municipal, 13 nivôse an V. François Gautier, agent, 21 nivôse an V. Pierre Gautier, 30 vendémiaire an VI. Jean Drouet, agent, 19 floréal an VI. 30 thermidor an VII. Louis Lhuillier, maire, 1er messidor an VIII, maire de Beaupréau en 1813. Jean-Luc de Gibot, 16 décembre 1813, démissionnaire en juin 1822. Pierre Sourice, 12 juillet 1822, installé le 21, 1er novembre 1830, Jean Drouet, 25 octobre 1830, 5 août 1837. Louis-Alexis Mondain, 14 septembre 1837, 1er janvier 1843. Louis Audouin, 26 octobre 1843, installé le 5 novembre, 8 août 1860. Pierre Barillier, 15 septembre 1860, 4 septembre 1865. Louis Boiteau, 5 octobre 1865, 17 septembre 1870. Pierre Cesbron, 24 septembre 1870, en fonctions, 1874.